Le diesel s’effondre en Europe : seuls ces modèles résistent encore sur le marché d’occasion

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En dix ans, l’Europe a perdu les deux tiers de son offre diesel : de plus de 200 modèles disponibles, le catalogue est tombé sous la barre des 100 en 2025. Un effondrement qui touche aussi les ventes, passées de plus de la moitié des immatriculations à quelques pourcents seulement. Pourtant, certains modèles d’occasion résistent encore et conservent leur valeur face au déclin.

Le crépuscule du diesel européen s’accélère de manière spectaculaire. Si la motorisation a longtemps dominé le marché automobile du continent, sa part s’est aujourd’hui réduite à une portion congrue, victime d’une conjonction de facteurs réglementaires, économiques et technologiques. Les Pays-Bas illustrent cette mutation avec une acuité particulière : au cours du premier semestre 2025, seules 2 556 voitures neuves diesel ont été enregistrées, représentant à peine 1,6% du marché. À titre de comparaison, les hybrides captaient déjà plus de 50% des ventes en juillet de la même année.

Un déclin amorcé bien avant le scandale Volkswagen

Contrairement à une idée répandue, le reflux du diesel a débuté avant l’affaire Dieselgate qui a éclaté en 2015. Ce scandale chez Volkswagen a néanmoins joué un rôle d’accélérateur dans le rejet de cette motorisation par les consommateurs. Plusieurs éléments se sont ensuite conjugués pour renforcer cette tendance. Les prix d’achat ont grimpé, tandis que les normes environnementales se sont durcies. Parallèlement, l’essor des motorisations hybrides et électriques a offert des alternatives crédibles.

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Aux Pays-Bas, la pression fiscale et les zones à faibles émissions ont accentué le phénomène. Les municipalités multiplient les restrictions d’accès pour les modèles diesel anciens qui ne respectent pas les standards d’émissions contemporains. Cette politique urbaine contribue à marginaliser progressivement ces véhicules.

La supériorité environnementale des hybrides

Les hybrides modernes surpassent désormais les diesels sur le plan de l’efficience et de la propreté. Pour un budget équivalent, un véhicule essence-hybride émet entre 25 et 30% de CO₂ en moins. Dans la réalité quotidienne, les diesels atteignent rarement les performances annoncées par les constructeurs. Les tentatives de marier diesel et technologie hybride, à l’image de la Mercedes Classe E en version rechargeable, n’ont pas trouvé leur public.

Des modèles d’occasion qui tiennent bon

Paradoxalement, certains segments du marché de l’occasion maintiennent des valeurs résiduelles élevées pour les diesels. Les SUV premium et les tout-terrains, tels que le Range Rover Evoque ou le Volkswagen Touareg, affichent une belle résistance. Même un modèle classique comme la Golf diesel de Volkswagen conserve une cotation solide. En Espagne, 60% du parc roulant reste équipé de moteurs diesel. Aux Pays-Bas également, le marché de seconde main demeure relativement stable. La raréfaction de l’offre pourrait même provoquer une hausse des prix dans les années à venir.

2028 et 2035 : deux dates fatidiques

Cox Automotive anticipe que la part de marché du diesel en Europe passera sous le seuil des 2% dès 2028. L’Union européenne a par ailleurs fixé l’échéance définitive : à partir de 2035, la commercialisation de véhicules neufs équipés de moteurs à combustion, qu’ils fonctionnent au diesel ou à l’essence, sera interdite.

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Pour les Pays-Bas, ce calendrier marque un tournant irréversible. Si le diesel continuera de circuler dans le parc d’occasion et équipera encore les poids lourds comme les camions et les bus, le compte à rebours a commencé pour l’automobiliste ordinaire.

Le diesel survivra dans les niches où sa pertinence demeure incontestable, mais son règne sur le marché grand public touche à sa fin.