L’interdiction des moteurs thermiques prévue pour 2035 pourrait bien signer l’arrêt de mort de l’automobile européenne. Le patron de Mercedes, Källenius, sonne l’alarme dans les colonnes du Handelsblatt et exige une révision urgente de cette réglementation. Face à la pression chinoise et aux ventes électriques décevantes, l’industrie du Vieux Continent vacille dangereusement.
L’Union européenne s’apprête à revoir sa stratégie climatique dans le second semestre 2025, notamment l’interdiction de commercialiser des véhicules neufs à combustion interne à l’horizon 2035. Cette politique s’inscrit dans les objectifs de neutralité carbone, mais elle suscite une levée de boucliers de plus en plus virulente. Le secteur automobile européen traverse une période de turbulences marquée par une demande atone, des chiffres de ventes électriques en deçà des attentes et surtout une offensive chinoise redoutable qui bouleverse les équilibres du marché.
Une prise de position sans équivoque
Dans le quotidien économique allemand Handelsblatt, Källenius ne mâche pas ses mots. Il réclame un contrôle de réalité et met en garde contre les conséquences économiques désastreuses que pourrait entraîner cette prohibition. Sa position ne remet pas en cause la nécessité de réduire les émissions carbonées, mais il martèle que cette transition doit s’opérer sans imposer une seule voie technologique. Selon lui, sacrifier l’économie sur l’autel d’une vision trop rigide serait une erreur fatale.
L’offensive chinoise qui change la donne
Les constructeurs établis du continent font face à une menace d’une ampleur inédite. Des marques comme BYD et Nio inondent le marché avec des véhicules électriques alliant innovation technologique et prix agressifs. Cette concurrence féroce comprime les marges bénéficiaires des acteurs européens, contraints dans le même temps d’investir massivement pour électrifier leurs gammes. La situation financière de nombreux groupes se détériore rapidement.
L’industrie chinoise bénéficie d’atouts structurels considérables. Une chaîne d’approvisionnement performante et un soutien étatique massif lui ont permis de prendre une longueur d’avance décisive. Si Bruxelles impose une transition précipitée vers le tout électrique alors que le marché n’est pas mûr, elle fragilisera encore davantage les fabricants européens dans leur lutte contre ces géants asiatiques. L’enjeu dépasse la simple compétitivité, il s’agit de préserver des emplois, un savoir-faire technique et des parts de marché qui risquent de s’évaporer définitivement.
Plaider pour la neutralité technologique
Pour Källenius, la solution réside non pas dans l’abandon des motorisations thermiques, mais dans l’adoption d’une approche ouverte à toutes les technologies durables. Il défend notamment l’intégration des carburants de synthèse, ou e-fuels, dans l’équation. Ces combustibles permettraient de neutraliser les émissions des véhicules à moteur à combustion déjà en circulation, facilitant ainsi une transition progressive vers la décarbonation complète.
En s’enfermant dans une vision exclusivement électrique et en écartant d’autres pistes prometteuses, l’Union européenne bride l’innovation et accélère le déclin d’un secteur économique vital. Le dirigeant de Mercedes plaide pour davantage de souplesse et moins de dogmatisme réglementaire, seule manière selon lui de permettre à l’industrie automobile européenne de rester compétitive tout en poursuivant ses ambitions climatiques. La révision à venir du calendrier d’interdiction constitue donc un rendez-vous crucial qui déterminera l’avenir de toute la filière et celui des véhicules que les consommateurs pourront acquérir demain.
Le sort de l’automobile européenne se joue maintenant, entre impératifs écologiques et réalités économiques incontournables.

Moi, c’est Lucas. Je ne suis ni un pilote professionnel, ni un ingénieur motoriste de haut vol. Je me définis plutôt comme un “touche-à-tout” de la route, quelqu’un qui a passé autant de temps sur la selle qu’à genoux dans son garage avec une lampe frontale. Pour moi, le plaisir de conduire ne se mesure pas seulement en chevaux-vapeur ou en vitesse de pointe, mais dans ces petits détails qui font qu’une machine a “un truc en plus”. J’écris ici pour apprendre autant que pour transmettre, en espérant que mes modestes conseils et récits vous seront utiles lors de votre prochaine sortie.




